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Personnage
Seconde fille d'une illustre famille de musiciens de Mingting, elle allie douceur et force de caractère. Pure et romantique, elle brandit son sabre au nom de la justice. En tant que « dévote de la voix », elle est capable de communier avec les Courants du vent. Autrefois éclaireuse des Gardiens de minuit à Jinzhou, elle exerce aujourd'hui les fonctions de gardienne de Xuan par intérim dans la Cité de Xuanfang. Libre comme le vent vagabond et animée d'un courage chevaleresque, elle ne vit — et ne manie sa lame — que pour protéger les autres.
[Évaluation de Résonance RA2710-G] Le taux de correspondance avec le Spectre de Résonance reste extrêmement élevé par rapport aux évaluations précédentes. Aucune variation notable n'a été relevée au niveau de la courbe de Rabelle : la courbe poursuit sa progression régulière, puis se stabilise en oscillations constantes. Ces résultats confirment qu'il s'agit d'une Résonatrice naturelle. Le sujet est capable d'entrer en résonance avec les courants d'air environnants et d'en concentrer son énergie résonatrice sous forme de champs d'énergie. Elle peut également la condenser en « Plumes azurées », capables de neutraliser et de rétablir les fréquences avec lesquelles elles entrent en contact. Celles-ci peuvent en outre effacer les énergies résonatrices ainsi que leurs effets rémanents, aussi bien sur les êtres vivants que sur les objets inanimés. Selon le sujet, sa rencontre avec l'« oiseau de Xuanling », une créature vestigiale issue du passé des Terres de Xuanfang, lui aurait permis d'acquérir une nouvelle fréquence. Cette rencontre, survenue au sein de la cour de détention, dans la Cité de Xuanfang, aurait altéré sa capacité de résonance. Cependant, l'évaluation de résonance ne révèle aucune modification notable de la source de son Forte. Nous en concluons donc qu'aucune mutation secondaire ne s'est produite. « Entrer en résonance avec un oiseau de Xuanling… L'hypothèse paraît aller de soi, mais les données ne la corroborent pas… Ce n'est pas vraiment ta fréquence qui a changé. Disons plutôt qu'elle s'est… complétée. Pour le dire autrement, c'est un peu comme si une personne amnésique recouvrait progressivement la mémoire. Peut-être cette faculté a-t-elle toujours été la tienne et que tu n'en as pris conscience qu'aujourd'hui. Bien sûr, tout cela ne reste qu'une supposition. » - Extrait d'une conversation avec un médecin de l'Académie de Huaxu
Le tracé de la forme d'onde du sujet présente des oscillations elliptiques, ponctuées de quelques pics très effilés. Les deux valeurs de crête sont en hausse, mais aucune anomalie du signal n'a été relevée à ce jour. Criticité de la Résonance : le seuil d'Overclocking a diminué par rapport aux rapports précédents. La stabilité reste élevée, mais les risques latents exigent une surveillance particulière. La Résonatrice Yangyang a déjà connu plusieurs épisodes d'Overclocking. Niveau de gravité maximal : modéré. Le sujet a subi plusieurs épisodes de surcharge sensorielle sur les Terres de Xuanfang. La pousse irréversible de plumes à l'extrémité de ses cheveux s'est accentuée. Toute nouvelle extension du phénomène devra faire l'objet d'une surveillance étroite. Des examens médicaux réguliers sont recommandés. Aucun suivi psychologique n'est jugé nécessaire à ce stade.
Seconde fille d'une illustre famille de musiciens de Mingting, elle allie douceur et force de caractère. Pure et romantique, elle brandit son sabre au nom de la justice. En tant que « dévote de la voix », elle est capable de communier avec les Courants du vent. Autrefois éclaireuse des Gardiens de minuit à Jinzhou, elle exerce aujourd'hui les fonctions de gardienne de Xuan par intérim dans la Cité de Xuanfang. Libre comme le vent vagabond et animée d'un courage chevaleresque, elle ne vit — et ne manie sa lame — que pour protéger les autres.

Yangyang : Xuanling - Tenue par défaut
La tenue de la « Dévote de la Voix », portée depuis qu'elle a approfondi son lien avec les Courants du vent. L'oiseau s'est délesté de son duvet pour chevaucher le vent vers les sommets. Elle avancera désormais d'un pas résolu vers tout ce en quoi elle croit.
Trois jours s'étaient écoulés depuis qu'elle avait confié son ambition à sa mère. Ce soir-là, une paire de baguettes supplémentaire avait été posée à la table de la famille de Yangyang. « J'ai entendu dire que l'une de vos filles voulait s'engager dans l'armée. Laquelle est-ce ? » demanda leur invitée à ses parents en sirotant son thé, alors que la conversation se prolongeait après le repas. « Hum… Le regard vif et le cœur pur. Elle a l'air de savoir endurer les épreuves. » L'invitée contempla son visage encore enfantin, puis sourit. « On dirait que tu as déjà quelques bases. Où les as-tu acquises ? Dans une école d'arts martiaux ? On n'y enseigne rien de véritablement utile. Si tu veux affronter l'ennemi sur le champ de bataille, cela ne suffira pas. » « Viens, montre-moi ce que tu as appris jusqu'ici. » L'invitée se leva et gagna la cour. « Je ne peux tout de même pas profiter gratuitement de la cuisine de ta mère. » « D'accord. » Avec l'assentiment de ses parents, Yangyang prit le sabre en bois avec lequel elle s'entraînait chaque jour, s'avança face à l'invitée et se mit en garde. Elle ignorait qui était réellement cette femme et savait seulement qu'elle était une amie de ses parents. Mais, vive d'esprit, Yangyang avait compris pourquoi elle était venue dîner ce soir-là et pourquoi elle lui proposait à présent de la mettre à l'épreuve. Ses parents soutenaient son rêve, mais ils voulaient aussi lui faire prendre conscience des nombreuses épreuves qui la séparaient encore de sa réalisation. Elle se jeta de toutes ses forces dans cette première épreuve, tel un oisillon battant des ailes pour la première fois, impatient de s'élancer vers le vaste ciel. … « Tu ne manques pas de détermination. Quel dommage que tes aptitudes soient si ordinaires : tu n'as rien de ces prodiges qui ne naissent qu'une fois sur dix mille. Tu pourrais consacrer ta vie entière aux arts martiaux sans jamais parvenir au bout du chemin. » Lorsqu'elle s'effondra au sol, elle eut l'impression d'être revenue à son tout premier jour à l'école d'arts martiaux. Elle ne savait rien. Elle était perdue, sans le moindre repère. « Ta mère m'a parlé de tes dons. Tu ferais mieux de suivre sa voie. Je ne doute pas que tu la surpasserais en peu de temps. » L'invitée ramassa le sabre en bois que Yangyang avait laissé tomber. « Malgré cela, souhaites-tu toujours continuer ? » Yangyang acquiesça, tendit la main et referma les doigts sur la poignée qu'on lui présentait. … Par la suite, l'invitée revint chez Yangyang toutes les deux semaines environ. Elle ne repartait jamais sans lui prodiguer un ou deux conseils, tantôt sur le maniement du sabre, tantôt sur l'art de la stratégie. Elle refusait que Yangyang l'appelle « Maître », affirmant qu'elle n'était qu'une pique-assiette qui, prise d'une étrange lubie, s'était mise à donner quelques leçons à l'enfant d'une amie. « Puis-je vous demander… comment saurai-je que je suis prête ? » « Hum… Procédons ainsi. » Le lendemain matin, un poteau de bois se dressait dans la cour de Yangyang. Gris noir jusque dans ses fibres, il était aussi dur que le fer. Même une véritable lame aurait eu du mal à l'entailler. L'invitée saisit le sabre en bois de Yangyang et le mania d'un geste léger. Une puissante bourrasque traversa la cour, et la lame s'enfonça de près de huit centimètres dans le poteau. Elle désigna la profonde entaille. « Lorsque tu parviendras à faire de même sans recourir à ta capacité de résonance, tu seras prête. » … Les saisons passèrent. Deux années s'écoulèrent. Le visage de la jeune fille avait perdu ses rondeurs enfantines, tandis que le poteau était désormais couvert d'innombrables entailles, profondes ou superficielles. Elle retint son souffle et affermit sa garde. Sa lame fendit l'air comme une rafale, soulevant du sol un tapis de feuilles mortes. « … » Porté par deux années de persévérance, son coup ne pénétra pourtant le bois que de quelques millimètres. Ce jour-là, comme elle en était convenue avec ses parents, elle devait quitter le foyer familial pour rejoindre Jinzhou. Elle n'avait pas atteint l'objectif fixé par son « maître » avant son départ. Elle prit néanmoins la route. Elle s'inclina profondément devant le poteau, puis laissa son sabre en bois dans la cour. Après avoir fait ses adieux à ses parents et à sa sœur, elle franchit les remparts de Mingting. Alors qu'elle s'apprêtait à passer le premier poste de contrôle, elle aperçut une silhouette au loin. « Pardonnez-moi, maître. J'ai échoué. » « Et si je te disais que tu n'y parviendras peut-être jamais, même en y consacrant toute ta vie ? » « Alors, je crois que… j'en aurais du chagrin pendant quelque temps. » « Mais cela ne t'arrêterait pas, n'est-ce pas ? » « Non. » « Bien. » Son « maître » lui tapota la tête, puis se détourna pour reprendre le chemin de la ville. « Sache qu'il existe en ce monde des choses que tu ne pourras jamais accomplir. Et ensuite… » « … continuer d'avancer, jusqu'au bout. »
Le chemin qui la mena de Mingting à Jinzhou lui parut interminable. Si long qu'une vie entière semblait séparer ces deux lieux ; si long que tout ce qu'elle vit et endura en chemin menaçait de réduire en éclats ce qu'elle croyait avoir construit. Autrefois, elle avait cru entrevoir la « vérité ». Elle pensait savoir avec certitude pour qui elle devait brandir son sabre. Elle se croyait capable de départager le « juste » de l'« injuste », de distinguer le « bien » du « mal ». Elle était convaincue de porter en son cœur une mesure infaillible. Pourtant, à mesure qu'elle parcourait le monde, elle comprenait que cette mesure ne pouvait s'appliquer à toute chose. Certains, mus par les meilleures intentions, ne semaient pourtant que la tragédie ; d'autres, rongés par le péché, préservaient malgré tout, au prix de leur propre malheur, le bonheur d'autrui. Le monde était d'une complexité vertigineuse, si insondable qu'une vie entière ne suffirait peut-être pas à en percer les profondeurs. Plus encore : il fut un temps où elle renonça même à « comprendre ». C'était à Yuezhou. Une mère lui avait demandé de l'aider à retrouver son enfant, qui avait été enlevé. Les ravisseurs appartenaient à une faction locale vouant un culte à un dieu maléfique : une bande de déments souillés par le péché, qui ne méritaient plus le nom d'êtres humains. Lorsqu'elle prit d'assaut leur repaire aux côtés du Ministère des Armées de la région, le spectacle qui s'offrit à elle ne pouvait porter d'autre nom que celui d'enfer. À cet instant, toute pensée se consuma en elle. Tout ce qui était bon, tout ce qui était juste, elle le rejeta loin derrière elle. … Ce ne fut que lorsque les soldats du Ministère des Armées eurent fini de nettoyer les lieux et lui posèrent une main sur l'épaule qu'elle comprit que tout était terminé. Elle entendit alors un goutte-à-goutte irrégulier tomber de la pointe de son sabre, fiché dans le sol. Elle dénoua ses cheveux et découvrit que le ruban offert par sa mère était imbibé d'un rouge si cru qu'elle ne put en soutenir la vue. Elle ne gardait aucun souvenir précis de ce qui s'était passé durant ces instants. Avait-elle ôté une vie ? Et si ce n'était pas arrivé cette fois-ci, ce jour finirait inévitablement par venir, tant qu'elle continuerait à suivre cette voie. Elle le savait : si elle refusait d'affronter une vérité aussi évidente, son sabre ne posséderait jamais de véritable force. Pourtant, cette réalité lui laissait un goût amer. Lorsqu'elle reprit la route, elle avait lavé le sang qui souillait son ruban, mais l'ombre qui voilait son regard, elle, n'avait pas disparu. Malgré les remerciements sincères de cette mère, malgré le bonheur des innocents qu'elle avait préservé, elle ne parvint pas à leur offrir un seul sourire véritable. Le cœur meurtri, elle arriva seule à Jinzhou et s'immobilisa au milieu d'une place faisant face à l'Hôtel de ville. Elle savait où elle devait se rendre ensuite, mais ses pieds semblaient coulés dans le plomb, et elle ne trouvait pas la force de faire le premier pas. … « Hé, qu'est-ce que tu fais là toute seule ? Tu t'es perdue ? » « Moi, c'est Chixia. Je suis patrouilleuse à Jinzhou… enfin, encore apprentie patrouilleuse. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à me le dire ! Oh, attends… Tu as faim ? À Jinzhou, impossible de ne pas goûter à la cuisine du restaurant de Panhua… » … Jusqu'à ce qu'une jeune fille de son âge, vive et franche, vienne à sa rencontre ; jusqu'à ce qu'elle lui prenne la main et l'entraîne avec elle à la découverte de tout ce qui lui était encore inconnu.
« Yangyang, je te présente Baizhi, chercheuse à l'Académie de Huaxu. Elle assurera le soutien technique pendant ton évaluation, tandis que tu examineras la Zone taciturne apparue récemment près de Jinzhou. » … « Bonjour. Je m'appelle Baizhi… » « … Yangyang ! On mange quoi, ce midi ? Tatie nous a invitées à goûter sa nouvelle recette. Oh, et les gâteaux Wuther qu'on avait mangés ensemble l'autre jour, ils étaient… » « Excusez-moi, mais l'enquête doit commencer cet après-midi. Vous n'aurez malheureusement pas le temps de déjeuner. » « On ne part pas au combat le ventre vide. L'enquête peut bien attendre qu'on ait mangé… Mais, euh… vous êtes qui, déjà ? » « … » Ce jour-là, lorsque l'azur croisa pour la première fois le rouge ardent, elles eurent peut-être exactement la même pensée : « Impossible que je m'entende un jour avec elle. » « Haha… » Coincée entre deux tempéraments aux antipodes, elle ne se sentait pourtant curieusement pas le moins du monde mal à l'aise. C'était comme si elle avait toujours su que cette rencontre finirait par avoir lieu, comme si le destin avait voulu qu'elles fassent toutes les trois connaissance de cette manière. L'atmosphère était tendue entre elles, certes, mais aucune ne se détournait de l'autre. « Bon, dans ce cas, achetons quelque chose et mangeons en chemin. » Elle joignit doucement les mains, proposant une solution qui satisferait tout le monde. « Baizhi, les enquêtes sur le terrain demandent de l'endurance. Pas question de partir le ventre vide. » « Hum… Cela me paraît acceptable. » « Alors, essayons le restaurant qui a ouvert la semaine dernière… Enfin, non. Yangyang, c'est toi qui choisis. » Ce jour-là, pour la première fois, trois silhouettes vêtues de bleu, de blanc et de rouge arpentèrent ensemble les rues de Jinzhou. … « Yangyang, Huaxu vient de mettre au point un nouveau médicament. Tu peux le donner à Chixia ? Une seule dose devrait suffire à faire passer son rhume en un jour ou deux. » « Bien sûr. Mais Baizhi, tu ne préférerais pas le lui apporter toi-même ? » « Hum… » … « Ah, Yangyang ! Tatie Panhua a préparé quelques plats. Emporte-les avec toi. Baizhi finit tard ce soir, non ? Elle pourra les manger si elle a un petit creux. » « Pas de problème… Mais Chixia, tu sais que tu pourrais aussi les lui apporter toi-même. » « Euh… » … Ainsi s'écoulèrent les jours, paisiblement, les uns après les autres, sans souvenirs douloureux ni rebondissements spectaculaires dignes d'une pièce de théâtre. Au fil de ces journées tranquilles, ordinaires comme l'eau qui suit son cours, elles apprirent peu à peu à se connaître, tantôt directement, tantôt par l'intermédiaire de la troisième. « Baizhi, pour la prochaine enquête… Chixia connaît le secteur comme sa poche, alors j'ai spécialement demandé à la Station de Patrouille de nous la détacher quelque temps. » « Ahem… Pour aider Yangyang, bien sûr. Avec moi comme guide, personne n'aura à courir dans tous les sens, et l'enquête avancera beaucoup plus vite… » « Compris… » Baizhi referma le dossier qu'elle tenait entre les mains et demeura un bref instant les yeux clos, songeuse. « Alors… » « … On mange quoi, aujourd'hui ? »
« Ta-da ! Félicitations, Yangyang ! Te voilà enfin éclaireuse ! Baizhi et moi avons choisi ce cadeau ensemble. Il te plaît ? » « Une éclaireuse est souvent amenée à bivouaquer en pleine nature, et tes cheveux sont plutôt difficiles à entretenir. Ce chapeau devrait te protéger un peu du vent et de la pluie. Il te sera certainement très utile. » « Mais ce n'est pas ça, le plus important ! L'essentiel, c'est que Yangyang sera ravissante avec, tu ne trouves pas ? » « Merci… Baizhi, Chixia. » Elle prit le présent que lui tendaient ses amies, puis le posa sur sa tête. Soudain, elle eut l'impression de remonter le temps, jusqu'à un jour lointain de son enfance. … « … Yangyang, qu'est-ce qu'il y a ? » À la fête du temple, sous la lueur de mille lanternes, sa sœur la vit s'immobiliser devant un étal, les yeux rivés sur un objet posé sur une étagère. « Oh, c'est ce chapeau qui te fait envie ? Mmh… Il est vraiment joli ! Regarde, il y a même un petit oiseau brodé dessus. » « Mais il coûte beaucoup trop cher… » Elle jeta un coup d'œil au prix, puis aux quelques pièces serrées au creux de sa main, avant de reculer d'un pas. « Viens, grande sœur. On devait aller acheter du sucre de malt… » « Mmh ! Je le savais, il te va à merveille ! » Yangyang n'avait même pas eu le temps de réagir que le chapeau trônait déjà sur sa tête. « Grande sœur… ?! Tu ne peux pas prendre les affaires des autres comme ça… » Paniquée, elle se tortilla légèrement, avant de voir Suisui sortir de nulle part une bourse et la faire tinter sous son nez. « Hé hé. Yangyang, tu ne sais pas encore à quel point ta grande sœur a les poches bien garnies. » Suisui afficha un sourire malicieux tandis que les pièces tintaient dans sa bourse. « Ce n'est qu'un chapeau. Comparé à mon petit pactole, ce n'est vraiment rien du tout. » « Mais cet argent, tu as eu tant de mal à le gagner… » « Oh, et alors ? » Suisui lui prit la main et l'entraîna vers les échoppes les plus animées. « Je suis ta grande sœur ! Tout ce qui est à moi est à toi. Et tout ce qui est à toi est aussi à moi, bien sûr… » … Depuis son tout premier souffle, l'existence d'une « grande sœur » avait toujours été pour elle une évidence. Leurs éclats de rire et leurs jeux turbulents étaient une évidence. Tout partager l'était aussi. Sa présence, jour après jour, tout au long de sa vie… était une évidence. Il lui fallut prendre cette décision pour comprendre qu'elle devrait bientôt faire ses adieux à toutes ces évidences. Si elle ne faisait pas ce pas en avant, elle ne pourrait jamais être cette « personne » qu'elle aspirait à devenir. Mais une fois ce pas franchi, tous les liens qui l'avaient jusque-là soutenue et façonnée devraient trouver une nouvelle forme. Elle avait laissé derrière elle, dans la maison de Mingting, tout ce qui la rattachait à sa sœur. Et peut-être qu'un jour, lorsque viendrait le moment de quitter Jinzhou, laisserait-elle de la même façon tous les souvenirs de cet endroit derrière elle ? Elle n'en savait rien. Mais une chose, au moins, était certaine… … La chaleur qui reposait alors sur le sommet de son crâne n'avait pas changé depuis toutes ces années. Elle n'était plus la petite fille qui courait derrière sa sœur au milieu de la fête du temple. Et le mois suivant, une nouvelle lettre de sa sœur lui parviendrait.
Notre rencontre, ce jour-là… Était-elle le fruit du hasard ? Ou bien était-elle écrite par le destin ? À ton réveil, tu ne te souvenais plus de rien. Pourtant, dans l'éclat de tes yeux dorés, je devine que ce que tu portes en toi, tout ce que tu as traversé, dépasse peut-être de très loin tout ce que je pourrais imaginer. Sans jamais hésiter, tu passes toujours devant les autres. Tu choisis toujours de te tenir au cœur même de la tempête. Est-ce un choix conscient ? Ou est-ce désormais inscrit en toi ? Tu fais toujours… un pas de plus que les autres. Et peu importe combien ont un jour marché à tes côtés, tu finis toujours… par atteindre un lieu où plus personne ne peut te suivre. Pourtant, je ne crois pas qu'une âme soit destinée à la solitude. Peut-être qu'au fond, je ne fais tout cela que pour moi. Je voudrais seulement protéger quelqu'un… enfin… quelqu'un qui ne sait pas vraiment se protéger {Male=lui-même;Female=elle-même}. Peut-être que le temps que nous passerons ensemble ne sera, dans l'immensité de ton voyage, qu'une vague parmi tant d'autres sur un océan sans fin. Mais ce sentiment, cet instinct qui me pousse vers toi, ne dépend ni du temps ni de la question de savoir si j'en suis digne. Ce n'est rien d'autre que mon propre… vœu insensé. J'espère que, dans les jours heureux comme dans les heures sombres, sous un ciel serein comme au cœur de la tempête, lorsque tu auras besoin de t'appuyer sur quelqu'un ou de lui ouvrir ton cœur, je serai là, à tes côtés. J'espère… … Sa plume s'immobilisa brusquement. Le regard posé sur la lettre à demi rédigée, elle en relut les mots en silence, une fois, puis une seconde. Enfin, elle replia la feuille, la glissa dans une enveloppe et la dissimula sous son tiroir. Elle prit alors une page vierge et recommença depuis le début. Nomade, comment vas-tu ces derniers temps ? Est-ce que tout va bien ?
… Je pensais qu'en te revoyant, j'aurais tellement de choses à te dire que je ne saurais pas par où commencer. Mais… maintenant que te voilà, mon cœur est si plein de joie qu'il n'y a plus de place pour rien d'autre.
Il s'en est passé des choses, à Jinzhou, pendant ton absence. Je t'en ai parlé en gros. Mais certaines histoires, c'est quand même mieux de les raconter de vive voix, non ? Alors dis-moi : les aventures dont tu parlais dans tes lettres, le Littoral noir, Ragunna, Septimont et Lahai-Roi, tu veux bien me les raconter encore une fois ?
Le rôle d'un gardien de Xuan… S'il ne s'agit que d'un engagement temporaire, j'ai tout de même besoin de prendre mes marques. Parfois, je me surprends à me faire du mauvais sang pour Jinzhou. Mais Chixia, Baizhi, la magistrate Jinhsi et le général Jiyan… tous ces noms me font penser à la paix. J'espère qu'un jour, mon nom aussi apportera du réconfort aux gens.
Le profil de Yangyang : Xuanling a été mis à jour le : 14/07/2026