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Personnage
Denia est une élève du département des matières du néant de l'académie Brandétoile. C'est aussi une fainéante hors pair, capable de faire la sieste pendant des dizaines d'heures de cours. Par contre, elle ne rate jamais un événement sur le campus et saisit chaque occasion de faire profiter les autres de son doux sourire.
[Source Collectif Trek-spatial : dossiers des étudiants de l'Académie Brandétoile] [Rapport évaluatif de Forte : RA2499-G] Nom de l'élève : Denia Synchroniste Qualification : négative Aperçu du son Forte : les tests indiquent une courbe de Rabelle présentant des ondulations périodiques prononcées. L'élève est par conséquent placée dans la catégorie des Résonateurs congénitaux. Sa marque taciturne se situe sur sa poitrine. D'après les données fournies par l'organisme à l'origine de la recommandation, le sujet est capable de produire des bulles chargées d'énergie vestigiale. Il peut s'en servir pour la défense ou le soutien sur le champ de bataille, ou les faire éclater à volonté si nécessaire. D'après les tests, les bulles possèdent une structure fluide unique qui leur permet de bloquer la matière du néant avec une efficacité comparable à celle du revêtement de l'Exoarpenteur. « Attends, c'est pas la machine à bulles des pubs de Loulou Logistique, là ? Ma nièce a ce jouet ! Mais comment on veut arrêter de la matière du néant avec un truc pareil ? – Comment ça a atterri dans les dossiers, ça ? Y a une seule info vraie là-dedans, ou quoi ? »
L'analyse de la courbe de Rabelle indique des fluctuations elliptiques avec un domaine temporel stable. Aucune fluctuation anormale n'a été observée. Les résultats sont dans la fourchette normale. Conclusion : la criticité de la résonance se situe dans la norme. La stabilité reste importante. Il n'y a ni antécédents ni risque d'Overclocking à l'heure actuelle. Pour l'heure, aucun suivi psychologique ne semble nécessaire. « Pas d'antécédents ou de risques d'Overclocking ? Tu as déjà vu une Résonatrice capable de faire des cubes de matière du néant et de les balancer à la figure des gens ? Dans son rapport de combat, Hiyuki a même dit que sa marque taciturne avait commencé à se déchirer ! – Trop, c'est trop… Je refuse de croire un traître mot de ce rapport. Arman, j'ai besoin de tous les dossiers des Plaines de Dimmr, et plus vite que ça ! »
Denia est une élève du département des matières du néant de l'académie Brandétoile. C'est aussi une fainéante hors pair, capable de faire la sieste pendant des dizaines d'heures de cours. Par contre, elle ne rate jamais un événement sur le campus et saisit chaque occasion de faire profiter les autres de son doux sourire.

Denia - Tenue originale
Les vêtements quotidiens de Denia. À y regarder de plus près, des signes subtils d'usure et des réparations minutieuses se cachent dans la doublure de cette œuvre d'art délicate. Les gens croient davantage ce qu'ils voient que ce qu'on leur dit. Ce qui est drôle, c'est qu'elle n'est pas différente.
Aux yeux de ceux qui l'avaient élevée, Denia n'était qu'une simple ressource de plus pour les Fractsidus, un pion de plus sur l'échiquier de Grand Architecte. D'ailleurs, à proprement parler, « Denia », ce n'était même pas un nom. Dans la région où elle était née, « dasvidaniya » voulait dire « au revoir ». Pour un être humain, le nom est la deuxième chose que les parents donnent à leur enfant, juste après la vie. L’enfant devient alors une personne à part entière, et son nom prend tout son sens au fur et à mesure qu’il grandit. La jeune fille avait choisi le nom de « Denia » parce que c'était l'unique cadeau que sa famille lui avait laissé… Même si cette famille ne semblait être rien de plus qu'un rêve. Elle avait consulté son acte de naissance. Elle s'était même demandé si elle n'était pas une créature artificielle. Finalement, il ne lui restait qu'un vague souvenir d'adieux. On n’en tirait rien d’utile. Quand elle en parlait à Grand Architecte, elle lui répondait toujours la même chose : « Les souvenirs, ça trompe. Alors laisse tomber. Tu ferais mieux de ne pas savoir. » Il n'avait peut-être pas tort. En discutant avec Nastasha, elle s'est rendu compte que les prénoms de ses amis étaient pleins d'histoires et de bénédictions. Certains évoquaient un espoir de paix ou de joie, d'autres des souhaits ou des rêves. Chacun, à sa façon, cherchait une certaine forme de bonheur. Pourtant, quand elle a demandé ce que signifiait le prénom « Denia », personne n'a pu lui répondre. Visiblement, Nastasha ne voulait pas en parler, alors elle a arrêté de poser des questions. Après un an à observer et imiter les humains, elle maîtrisait parfaitement l'art de dissimuler et de tromper. Peut-être y avait-il des choses qu'il était impossible de découvrir… Elle n’était même pas sûre que sa mémoire soit vraiment la sienne. Peut-être qu’elle venait de l’entité biologique qui lui avait servi de modèle… ou peut-être que les Fractsidus avaient tout inventé pour la faire marcher droit. Elle avait entendu des chercheurs des Fractsidus dire que les éléments physiques du corps humain sont entièrement renouvelés tous les quelques années, mais qu'il reste toujours quelque chose qui ne cesse de s'affiner avec le temps. Et c'est ça qui rend la vie unique. C’est surtout vrai pour ceux qui n’arrivent jamais à revenir… Tout ce qui reste accroché aux souvenirs, ça leur grave un truc dans l’âme, même une simple odeur. C’est pour ça que certains adorent l’orage, et d’autres sont obsédés par des mélodies qui, à première vue, n’ont rien de spécial. C’est ça, l’humain : il se croit rationnel, mais au fond, il se laisse emporter par ses émotions et il fait des trucs complètement irrationnels. Peut-être y avait-il réellement eu une jeune fille du nom de Denia. Une jeune fille qui avait dit au revoir à sa mère. Mais était-elle réellement cette jeune fille ?
Appuyée contre la paroi dure et glacée de la capsule de néant, Denia sentit un liquide infect et des bulles lui envahir la gorge. Plic, ploc, plic, ploc. Tous ses sens étaient engourdis. Le temps semblait s'être arrêté. Elle sentait tout son être se faire déchiqueter. Sa propre fréquence se désagrégeait en mille filaments. Son corps se liquéfiait pour n'être plus qu'une fange emportée par l'océan. Puis elle se releva, devenue brume, parcourant le monde d'un bout à l'autre, survolant des déserts mornes jusqu'à atteindre cette portion déshéritée du ciel qu'elle connaissait si bien. Le monde l'observait, comme toujours, dans le silence le plus complet. Lorsque Grand Architecte choisit Denia comme réceptacle des pouvoirs d’Aleph-1, il ne se contenta pas de ses seules capacités physiques ou de sa compatibilité fréquentielle. Contrairement aux autres Résonateurs, dont l’existence avait été modelée par des émotions intenses, elle n’était qu’une coquille vide. Or, les êtres de ce genre ont tendance à se sentir complètement détachés du monde et d’eux-mêmes, un état d’esprit parfaitement en phase avec la logique existentielle d’Aleph-1. Comme prévu, Denia parvint à accepter le pouvoir. Pendant une fraction de seconde, son regard croisa celui d'Aleph-1 dans l'espace du néant. Ce fut suffisant pour que la matière du néant envahisse son corps, ce qui lui conféra la capacité de manipuler ses particules et d'accéder à son espace. Sur le moment, elle ne perçut qu'un silence familier, accompagné d'une sensation de tranquillité. Cependant, à mesure que le projet avançait, les Fractsidus remarquèrent que la résonance entre Denia et le Réprimantum né du néant se détériorait rapidement. Le pouvoir, lui, n'avait pas bougé. Le problème était ailleurs. Le réceptacle n'était plus vide, contrairement à ce qu'il aurait fallu. De toute évidence, Denia n'avait pas réussi à atteindre la perfection qu'on attendait d'elle. À force d’essayer d’imiter les humains et de reproduire des émotions qu’elle n’était pas censée ressentir, elle s’était fabriqué un cœur fragile et meurtri. Le cœur des faibles. Avec un tel cœur, elle ne pourrait jamais devenir l'incarnation véritable d'Aleph-1. Les Fractsidus devaient donc remplir ce réceptacle avec quelque chose de suffisamment puissant pour dominer le néant et parachever la Résonatrice d'Aleph-1. Denia avait toujours su que ce jour finirait par arriver. Mais, une fois le moment venu, comment pouvait-elle juger la vie qu'elle avait vécue ? Une marionnette. Un monstre ignoble… Ou peut-être une simple goutte d'eau perdue dans un océan, qui ne manquerait à personne. Parfois, elle pensait au temps qu'elle avait passé à l'académie Brandétoile. La jeune fille au sourire inattendu au cœur de la foule. Celle dont le rire empreint de tendresse restait gravé dans les mémoires. L'élève fainéante qui débordait parfois d'énergie. Était-ce vraiment elle ? Et en même temps, pouvait-on dire que ce n'était pas elle ?
Le sourire, c'est un outil simple mais efficace, un moyen facile de se rapprocher des autres. Denia avait rencontré Sigrika lors d’un travail de groupe. Dans un coin de la classe, elle tortillait une mèche de cheveux en regardant ses camarades se mettre en binômes. La brise de l’après-midi s’est engouffrée dans la pièce, apportant avec elle le vrombissement des voitures du parking et le brouhaha de la place. Au mur, un poster de l’Étoile des neiges volantes claquait sèchement. Soudain, une voix empreinte d'hésitation mit fin à ce moment de tranquillité. « Ça te dirait de travailler avec moi, Denia ? » Denia tourna la tête et vit une fille aux cheveux orange debout face à elle, les mains dans le dos. Par réflexe, elle pencha légèrement la tête pour vérifier que c'était bien à elle qu’on s’adressait. Ceci fait, son sourire s’élargit. « Pourquoi pas ? » répondit-elle. « Mais pourquoi moi, Sigrika ? » Sigrika a expliqué qu'elle savait que Denia était plutôt solitaire de nature, mais elle avait remarqué qu'elle souriait en voyant ses camarades s'agiter. Ça lui a donné l'impression qu'elle devait être quelqu'un de très doux, le genre de personne avec qui elle aurait aimé devenir amie. La tendresse. Plus tard, Denia s’est interrogée sur le sens de ce mot. Après avoir écouté l’explication du Grand Architecte, elle était convaincue que le terme ne s’appliquait à elle qu’avec une certaine ironie. Si c'était à refaire, Denia refuserait peut-être l'invitation. Sans cette rencontre, on aurait évité pas mal de problèmes. Mais sur le moment, elle s'est contentée de hocher la tête, de sourire à Sigrika et de dire : « D'accord. » Les paroles que Nastasha avait prononcées quelques jours plus tôt résonnaient toujours dans sa tête : « En réalité, la plupart des gens ont peur de la mort… mais ils évitent simplement d'y penser. » Ne pas penser. Ne pas voir. Ne pas entendre. Ne pas se demander. Denia découvrit qu'à l'académie Brandétoile, quelque chose se dressait entre les élèves et l'idée de la mort ; ils étaient protégés de ce fardeau. Le jour, le campus vibrait de l'énergie de la jeunesse ; chaque instant réservait son lot de découvertes. La nuit, ils scrutaient les cartes du ciel pour admirer les rêves que la professeure Mornye peignait dans l’azur. Ce bonheur leur émoussait les sens et les rendait aveugles à la cruelle réalité. Mais tous les rêves ont une fin ; un jour ou l'autre, elle viendra. À l'époque, Nastasha lui avait dit en lui caressant les cheveux : « À ton âge, on ne pense généralement pas à ce genre de choses. Tu es encore jeune. Tu as tout ton avenir devant toi. Tu devrais être plus vivante, plus joyeuse, comme tes camarades, au lieu de passer tes journées à discuter de ces sujets déprimants avec une bibliothécaire. « La mort, c'est la grande question de la vie, Denia. Il est encore trop tôt pour que tu essaies d'y répondre. Il faut d'abord que tu trouves ta propre voie. » Denia ne comprit pas vraiment ce que Nastasha voulait dire. Tout ce qu'elle put faire, ce fut réduire la fréquence de ses visites à la bibliothèque. Elle ne voulait pas rendre Nastasha triste.
Tous ceux qui sont proches de Grand Architecte ont déjà entendu cette vieille histoire. Il était une fois {Male=un;Female=une} imbécile qui était {Male=devenu un grand héros;Female=devenue une grande héroïne} par accident. Pour sauver les personnes qui souffraient, {Male=il;Female=elle} devait porter un lourd fardeau qui n'aurait jamais dû être le sien. Les inquisiteurs avaient leurs propres interprétations de l'histoire de notre {Male=héros;Female=héroïne}. Certains se moquaient {Male=de lui;Female=d'elle}, d'autres {Male=le;Female=la} détestaient, et d'autres encore {Male=le;Female=la} prenaient en pitié. Certains se contentaient d'en rire, ou n'y prêtaient aucune attention. Mais ce nom que Grand Architecte répétait sans cesse, un nom qui faisait des miracles, pour Denia c’était juste un mensonge vague et lointain. Elle ne savait même pas si elle pouvait vraiment se compter parmi ces « personnes qui souffraient ». Tout ce qu'elle savait, c'est que, chaque fois qu'elle prononçait ce nom, Grand Architecte lui répondait par un rire moqueur, qui semblait s'adresser autant à Denia qu'à lui-même. « Tu sais, moi aussi je crois {Male=qu'il;Female=qu'elle} devrait être là », disait-il. « Mais puisque ce que n'est pas le cas, il faut croire qu'{Male=il;Female=elle} n'est pas aussi {Male=omniscient;Female=omnisciente} ou {Male=omnipotent;Female=omnipotente} que tu l'espères. « Quelle tristesse, Denia. Il semblerait que {Male=le dieu;Female=la déesse} dont tu as besoin se passe très bien de toi. Cependant, Denia ne l'avait jamais {Male=vu;Female=vue} comme {Male=un dieu;Female=une déesse}. En réalité, elle avait plutôt pitié {Male=de lui;Female=d'elle}. Si tout ce que Grand Architecte disait était vrai, {Male=celui;Female=celle} qu'ils attendaient comme {Male=un sauveur;Female=une sauveuse} n'était rien d'autre {Male=qu'un prisonnier;Female=qu'une prisonnière} de plus {Male=abandonné;Female=abandonnée} dans la cage qu'était ce monde. Une personne capable de saigner, de souffrir, de mourir. Et c’est précisément pourquoi ni Grand Architecte ni cette personne ne semblaient comprendre une chose : quoi qu’il advienne, elle se serait tenue face à la clé de voûte, même si Grand Architecte ne le lui avait pas ordonné. Parce que Denia ne parvenait pas à trouver une réponse. Si celles et ceux qui se battent pour leur idéal finissent toujours par payer le prix fort, cela ne veut-il pas dire que leur idéal est erroné ? Après tout, il y a toujours des endroits qu'ils ne peuvent pas voir où d'autres personnes survivent en suivant des règles plus « sophistiquées ». L'exploitation. La trahison. Elles profitent du monde pour lequel {Male=il;Female=elle} s'est {Male=sacrifié;Female=sacrifiée} tout en se moquant de celles et ceux qui se jettent dans la tempête. Pourquoi le monde montre-t-il toujours les dents aux âmes généreuses ? Pourquoi sont-ce toujours celles et ceux pour qui tout a un prix qui survivent ? Et {Male=s'il;Female=si elle} a pu abandonner si facilement son passé, pourquoi {Male=abandonnerait-il;Female=abandonnerait-elle} aussi le peu de bonheur pour lequel {Male=il;Female=elle} s'était {Male=battu;Female=battue} en affrontant être aussi absurde, aussi horrible qu'Aleph-1 ? Pour protéger les autres ? Qui pourrait comprendre une telle chose ? Que se passerait-il quand cette personne ne serait plus ? Si le projet du Collectif Trek-spatial pouvait déjà sauver une majorité… à quoi bon se débattre davantage ? La plupart du temps, les pensées que Denia dissimulait sous ses masques étaient simples. Elle pensait tout simplement que, entre cette personne, le monde et elle, il y en avait forcément un qui se trompait.
La conscience de Denia sombrait dans des ténèbres sans fin. L'absorption du dernier fragment d'Aleph-1 par sa marque taciturne, c'en était trop pour sa forme physique. La matière du néant s'emparait d'elle, comme elle l'avait fait d'innombrables fois auparavant. Tous ses sens étaient engourdis. Le temps semblait s'être arrêté. C’était marrant : la fin ressemblait au début. Tout s’accordait parfaitement pour boucler la boucle. Pourtant, elle s’est rendu compte que, contrairement à la première fois où elle s’était retrouvée ici, elle ne tremblait plus. Sa respiration était calme, et la peur qui lui serrait la poitrine avait complètement disparu. Quand leurs regards se croisèrent de nouveau, elle amena lentement la main à son orbite vide, serra le poing, puis, avec l’index et le majeur, pointa le centre de la pupille. À présent, elle voyait à quel point Aleph-1 était risible, en réalité. Un dieu issu d’un monde absurde ne possédait rien. Poussé par les instincts du vide, il convoitait tout, absolument tout. Mais quoi qu’il dévore, quoi qu’il anéantisse, il restait seul, en plein silence, rongé par une faim jamais rassasiée, incapable de laisser la moindre trace derrière lui. Denia était en droit de se moquer d'Aleph-1 car elle avait un cœur. C'était la différence fondamentale entre elle et lui. C'était un cœur minuscule, fragile, éphémère. Mais aussi insignifiant qu'il fût, il lui permettait de nourrir des espérances pour l'avenir. Comme tout le monde. Il y aurait toujours des personnes prêtes à vivre pour un mensonge. Comme une personne plutôt agaçante le lui avait dit, c'est notre cœur qui détermine qui nous sommes, et qui nous permet de faire des choix. Les humains fêtent le jour de leur naissance, car c'est le moment où ils échappent au vide grâce à une forme et à des souvenirs éphémères. Ils perçoivent le monde, ressentent de la joie, communiquent avec leur prochain. C'est grâce à tout cela qu'ils sont capables de créations qui sont hors de la portée du néant. Denia ferma les yeux et s'imagina ses amis qui étaient sur Solaris. Sigrika poursuivant les oiseaux dans un champ éclairé par le coucher du soleil. Nastasha penchée sur de vieux livres à la bibliothèque. Et le vagabond qu'elle avait autrefois trompé, se préparant à entreprendre un long voyage de plus. Elle eut presque envie de sourire. Elle aurait voulu emprunter la voix de cette personne, et dire le plus sérieusement du monde : « J'espère qu'ils sont tous heureux, joyeux, libres. J'espère que tous leurs souhaits se réaliseront. » Mais les paroles restèrent coincées dans sa gorge. C'était trop grandiloquent à son goût. Alors, elle lâcha prise. C'était peut-être suffisant. Il n'y avait que peu de choses en ce monde qui appartenaient réellement à Denia. Mais au moins, désormais, elle n'était plus un réceptacle, un échantillon, ou un pion. Elle n'était plus contrôlée par le néant, les ordres ou les mensonges. Elle se contenta de faire son vœu, tranquillement. À partir de maintenant, elle resterait toujours à leurs côtés. Rien ne les séparerait. Denia avait trouvé sa propre voie. —— Bang. Le bruit était comme la chute d'une bonne plaisanterie. Les ténèbres n'étaient pas sans fin, en fin de compte. Quelque part dans l'obscurité, quelqu'un soupira doucement, comme après une longue attente.
Qu'y a-t-il de mal à une jolie illusion ? Une boîte cadeau vide vaut quand même quelque chose si l'emballage est soigné, non ? Puisque les gens ne croient qu'à la « vérité » qu'ils veulent croire, peut-être que la « vraie » vérité n'est pas si importante. Si le monde n'est qu'un tissu de mensonges, pourquoi craindre les tromperies ?
Comment dors-tu ces temps-ci ? Paraît que bien dormir rend heureux. Ha ha… Je n'ai jamais vécu ça moi-même, mais je suis d'accord, le sommeil, c'est merveilleux. Après tout, dès que je m'assoupis, j'ai l'impression de m'entraîner à mourir. Alors… si t'endormir t'apporte du bonheur, peut-être que la mort n'est pas si effrayante que ça, pas vrai ?
En apparence, tu as l'air si digne de confiance, si adorable… mais au fond, tu restes toujours sur tes gardes. Est-ce que tu as été {Male=trompé;Female=trompée} trop de fois, au point que c'en soit devenu une habitude ? Je te plains, ça doit être épuisant à la longue. Tu sais, je n'ai rien à cacher. Tu pourrais peut-être me faire confiance… ne serait-ce que pour cette fois.
Le profil de Denia a été mis à jour le : 14/07/2026